Au sein du Comité de Pilotage, nous avons le plaisir d’accueillir un nouveau membre : Sophie Pham-Holliday, experte en éducation, formation et emploi à l’APEFE. Sophie remplace Luc Ameye, qui a joué un rôle essentiel depuis la création de la plateforme en 2010. Luc laisse sa place afin de pouvoir se consacrer à d’autres tâches au sein de l'APEFE. Afin de mieux connaître Sophie, nous sommes allées à sa rencontre et avons discuté avec elle des défis de la plateforme et des projets pour l’avenir...
Bonjour Sophie, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?
Mon nom est Sophie Pham-Holliday. Comme l’internationalité de mon patronyme l’indique, je suis d’origine vietnamienne, vivant à Toulouse dans le Sud-Ouest de la France et mariée à un Ecossais. Je suis comme on dit une fausse nouvelle arrivante, car j’ai travaillé durant 12 ans pour l’APEFE. Avant d’arriver au siège à Bruxelles en mars dernier, j’ai travaillé pour l’APEFE en tant qu’administratrice de programme au Sénégal et en tant qu’experte en ingénierie de la formation technique et professionnelle (FTP) au Rwanda.
Ma carrière dans le secteur de l’éducation et en particulier la formation continue au sein de la coopération internationale a commencé bien avant, puisque j’ai travaillé également en Asie du Sud-Est, au Laos, Cambodge et surtout au Vietnam pour l’AUF (l’Agence Universitaire de la Francophonie). L’entrée commune du renforcement des capacités des enseignants et formateurs m’a permis d’explorer l’enseignement supérieur, la Formation Technique et Professionnelle (FPT) et l’éducation de base.
En quoi consiste ton poste aujourd’hui ?
Je suis chargée de mission éducation au sein de l’APEFE qui est l’agence de coopération internationale au sein de la fédération Wallonie-Bruxelles. Je suis donc en quelque sorte la personne de référence pour tous les programmes dits « éducation » et notamment la formation continue des enseignants.
En plus de cela, je représente l’APEFE en tant que coordonnatrice de projet au sein du RTIA (regional teachers initiative for africa), projet phare de la Commission Européenne. L'initiative régionale pour les enseignants en Afrique (RTIA) vise à soutenir les pays africains à améliorer la qualité de l'éducation et de la formation des enseignants. RTIA est soutenue par 3 pays-membres : la France, la Finlande et la Belgique. Dans ce cadre, l’APEFE, VVOB et Enabel forment la Team Belgium.
Cette volonté de renforcer le bien-être et le développement professionnel des enseignants a été résolument reprise par la Belgique qui a ajouté un financement parallèle destiné au programme Teach2Empower implémenté par les 3 agences belges sous le lead de Enabel. Je coordonne donc la partie APEFE qui déploie un volet éducation verte au Sénégal et un volet genre axé sur les masculinités positives en RDC (République Démocratique du Congo).
Cela fait 9 mois que tu travailles au siège. Comment tu vis cette expérience ?
Pour moi l’expérience terrain est très utile et précieuse dans mon travail quotidien. Il existe souvent un décalage entre le terrain et le siège. Il y a une autre sensibilité aux préoccupations sur le terrain. Je suis bien placée pour comprendre ces sensibilités par rapport aux problèmes pragmatiques et politiques dont nous n’avons pas toujours conscience à Bruxelles. Le fait d’avoir occupé un poste pendant de nombreuses années dans les pays partenaires m’aide beaucoup dans la réalisation de ma fonction aujourd’hui.
Comment tu vois ta place au sein de la plateforme ?
Ecoute, la passation avec mon prédécesseur Luc Ameye s’est faite progressivement. J’ai pris le temps de découvrir la plateforme et de comprendre le fonctionnement. Il est de la responsabilité de l’APEFE de s’impliquer dans la plateforme, puisque l’APEFE est un des deux co-fondateurs d’Educaid.be depuis 2010. J’ai participé à l’évaluation mi-parcours aux côtés de Luc et cela m’a permis de mieux comprendre les défis et les résultats attendus. En octobre dernier j’ai participé activement dans l’organisation de la Conférence Internationale d'Educaid.be sur l’éducation et la technologie. J’ai découvert à quel point ce genre d’évènement favorise le sentiment d’appartenance parmi les participants et renforce les liens et la cohésion au sein du groupe.
Quels sont selon toi les enjeux pour la plateforme ?
Le principal enjeu est de pouvoir continuer en tant que programme utile et efficace à toutes les entités et pour tous les ODD (objectifs de développement durable) et pas uniquement l’ODD 4. L’éducation et la formation font partie d’une globalité, elles ne sont pas cloisonnées et ont des liens avec le genre, la digitalisation et la durabilité. L’éducation est en mouvance et faire le lien avec les enjeux intersectionnels me semble primordial.
Un autre enjeu est de maintenir sa diversité et d’impliquer davantage les différents membres. La diversité de la plateforme est sa richesse. Des structures plus petites ont leur place au sein de la plateforme et nous devons nous entraider pour parler d’une voix si nous voulons avoir un impact sur les décisions politiques.
Quelle est ta devise ?
Ma vie professionnelle gravite autour de l’éducation. Ce qui me motive est que le résultat de mon travail se traduit dans des actes concrets. L'éducation est un levier puissant pour l’inclusion sociale. Mais si nous voulons atteindre une masse critique nous devons nous concentrer encore plus sur les bénéficiaires finaux de nos actions. J’aime croire qu’il y a une réelle valeur ajoutée dans le travail que nous réalisons. Ma volonté est de contribuer à réduire l’écart entre la volonté de faire et ce qui se produit réellement.
Merci pour cet échange Sophie. Nous nous réjouissons de collaborer avec toi. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers Luc Ameye pour son engagement au fil des années. Nous espérons te revoir aux futurs évènements d'Educaid.